Les Écrans Britanniques présentent trois œuvres majeures et représentatives du Free cinema, qui seront projetées, en version restaurée,

au cinéma Le Sémaphore, à Nîmes.

Le Free cinema est un courant cinématographique britannique qui s’est développé dans les années 50 et 60. Novateur et contestataire, analogue au mouvement littéraire des « Angry young men », il représente en quelque sorte la Nouvelle vague outre-manche. (Ciné Trafic)

En 1956, Karel Reisz, Lindsay Anderson et Tony Richardson créent le mouvement Free Cinema, pour pouvoir faire connaître leurs œuvres, promouvoir un regard neuf sur la réalité sociale de l’Angleterre de cette époque et contredire la vision stéréotypée et réductrice de l’establishment. Ils filment ceux qui sont privés de parole et leur redonnent ainsi humanité et poésie. (Sens critique)

 » Il faudra attendre la venue du Free Cinema pour voir des cinéastes anglais s’intéresser à nouveau à l’homme d’une condition sociale humble et à son dur labeur quotidien (…), de John Grierson à Lindsay Anderson, le documentaire anglais passera de la poésie des objets à la poésie des hommes.  » (Gilles Marsolais dans « L’Aventure du cinéma direct »)

11 janvier à 18h30 – Présenté par Francis Rousselet.

A Taste of Honey (Un goût de miel)

De Tony Richardson (UK, 1961, 100 mn), avec Rita TushinghamRobert StephensDora Bryan

Magnifiquement restauré par le British Film Institute (toute la subtilité du noir et blanc est parfaitement rendue), cette adaptation littéraire est un sommet du Free cinema anglais. Elle aborde des thèmes tabous à l’époque et permet de redécouvrir le talent de Rita Tushingham. Le film avait obtenu 6 prix et 5 nominations.

Jo, une petite collégienne un peu gauche, vit à Manchester avec sa mère Helen qui se soucie plus de trouver un nouvel amant que de s’occuper de sa fille. Un soir que sa mère l’a mise dehors pour vivre une nouvelle aventure amoureuse, Jo vit une brève idylle avec un marin noir. Enceinte et abandonnée par sa mère qui s’est mariée, elle rencontre Geoffrey, jeune homosexuel qui lui propose de vivre à ses côtés. Mais la mère ne l’entend pas de cette oreille…(Allociné)

Le réalisateur évoque une société pittoresque avec un réalisme et un humour faisant de ce film magnifique un phénomène de société qui marquera la culture anglaise au travers du groupe « The Smiths » dont la chanson This night I opened my eyes reprend le sujet.

18 janvier à 18h30- Présenté par Isabelle Cases.

Saturday Night and Sunday Morning (Samedi soir dimanche matin) De Karel Reisz (UK, 1961, 89 mn),, avec  Albert Finney, Shirley Anne Field, Rachel Roberts

Adapté du roman d’Allan Sillitoe, ce film s’inscrit dans le Free cinema de par sa contestation contre l’Establishment. Années 1960, à Nottingham. On suit les pas d’Arthur, jeune ouvrier de 24 ans qui s’étourdit dans les pubs pour oublier sa condition sociale précaire malgré son travail consciencieux à l’usine.

 

Dès le samedi, la bière coule à flots pour lui et ses copains. Sa maîtresse, Brenda, une femme plus âgée que lui et épouse d’un de ses collègues de travail, lui est très attachée. Mais Arthur est bientôt attiré par une jeune fille de son âge, Doreen, une nouvelle relation qui a pour effet de rompre avec son morne quotidien. Sur ces entrefaites, Brenda lui annonce qu’elle est enceinte… Arthur va devoir faire face à de nouvelles difficultés qui vont accentuer son angoisse existentielle. (Sens critique)

25 janvier à 18h30- Présenté par Francis Rousselet.

The Loneliness of the Long Distance Runner (La solitude du coureur de fond)

De Tony Richardson (UK, 1962, 105 mn ), avec Michael Redgrave, Tom Courtenay, Avis Bunnage

A l’image du courant Free cinema auquel le film appartient, le protagoniste principal Colin Smith est un jeune révolté qui, à la suite d’un vol commis dans une boutique, est placé dans un centre d’éducation surveillée où il se met à pratiquer la course de fond.

Durant ses courses solitaires, il s’évade de son morne quotidien et gagne une certaine notoriété dans l’établissement grâce à ses bonnes performances. Il prend le parti de suivre les ambitions qu’a pour lui, le directeur du centre.