By our selves

Ce film s’inscrit dans la thématique de la 18e édition organisée par Images en bibliothèques : Des films-lucioles - qui «éclairent dans l’obscurité » qui « donnent une autre vision du monde, déplacent le regard et rendent à l’existence sa dimension poétique. Ils nous invitent à espérer, à résister et à partager les expériences d’un monde meilleur.» Le film By Our Selves, réalisé par Andrew Kötting, avec Toby Jones, Freddie Jones, Iain Sinclair…, est sorti au Royaume Uni en 2015 et a obtenu la mention spéciale du grand prix de la compétition internationale au FIDMarseille –(Festival International de Cinéma de Marseille) «Le film reconstitue librement la cavale de John Clare, poète romantique du XIXe siècle, dans la campagne anglaise d’aujourd’hui. Echappé de l’hôpital psychiatrique, à la recherche de son amour de jeunesse, il parcourra près de 130 km en 4 jours, périple qu’il retranscrira une fois reconduit dans l’asile où il finira sa vie. Ce portrait captivant, à la fois fiction et documentaire, évoque les introspections d’un poète atteint de paraphrénie et de troubles de la personnalité. Servi par une bande sonore fascinante, mêlant visions hallucinées et reconstitutions anachroniques empreintes de folklore local, le film est aussi l’occasion de retrouver certaines personnes de la sphère intime de Kötting...» - CINÉMA SPOUTNIK

« La beauté profonde de l’écriture de John Claren’est pas en reste, le plus souvent mise en valeur par la voix gutturale de Freddie Jones (acteur fétiche de David Lynch). C’est d’ailleurs son fils, Toby Jones, qui incarne un John Clare mutique à l’écran. Parmi les autres complices du voyage, on croise Alan Moore, célèbre scénariste de BD originaire de Northampton — qu’il décrit tel un "trou noir culturel" dont on ne s’échappe pas. Ou encore Iain Sinclair, romancier et co-scénariste du film, affublé d’un masque de bouc. Eden, la fille de Kötting, fait aussi des apparitions singulières filmées en Super 8 couleur, en compagnie d’un ours de paille, figure du folklore local… Au bout de la route, ce film libre et enchanteur réussit, via son expérience sensorielle et ses personnages attachants, à rendre familier le poète déchu, sans pour autant le déchiffrer totalement.» Cinéma Nova Bruxelles

Andrew Kötting

Le réalisateur Andrew Kötting: réalisateur, acteur, scénariste (Edith Walks, 2016 -Swandown, 2012 -This OurStill Life, 2011 - Ivul, 2009 In The Wake Of A Deadad, 2007 -This Filthy Earth, 2001 - Gallivant, 1996…) Né en 1958 dans le Kent, le vidéaste se forme au College Of Art and Design de Ranvensbourne et à la Slade School of Fine Art de Londres. Il est l’un des artistesbritanniques les plus intrigants. Explorateur de formes et esthétiquement innovant, il est également un grand collaborateur, construisant autour de ses projets une communauté d’intérêts partagés. Le Nova – Bruxelles-lui avait consacré une rétrospective, début 2016 : « Le chauffage central est mon pire ennemi", affirme Andrew Kötting. "Je ne suis pas fan des double-vitrages. Ou du télé-achat. Ou des parfums sucrés." Avant d’ajouter : "En fait, c’est souvent moi, mon pire ennemi. Les voix dans ma tête m’énervent, je veux les faire taire." Et pour ce faire, il crée. Comme il respire. Son œuvre foisonnante, entamée au début des années 1980 après avoir été bûcheron en Scandinavie, est marquée par une curiosité et une ouverture d’esprit autrefois incarnées par des dissidents comme Derek Jarman ou Peter Greenaway. Performances dénaturées, créations sonores, installations, théâtre d’avant-garde, livres, peintures, cartes postales, poèmes, plateformes numériques, courts métrages au surréalisme mélancolique très british, longs métrages utilisant le paysage et le voyage comme tremplins de recherches autour de l’identité, l’appartenance, l’histoire, la mort ou la notion de communauté… Inclassable, tel "un ouvrier de l’art qui apprend à vivre dans la propre peinture de sa vie tranquille" ? "Je suis un Benny Hill croisé avec un peu de Stan Brakhage –etaussi un brin de Joseph Beuys", répond-il en référence à l’humour noir (à la Beckett) qui le caractérise. "Mon frère aîné était nain. Face à cela, soit on choisit le sérieux et l’engagement, soit on fonce à fond dans le dadaïsme ou l’absurde. Mais ce n’est pas du cirque, c’est plus profond que ça." Laissant toujours une place au hasard, son œuvre évolue sur la corde raide entre profondeur et absurdité. "Je ne sais pas toujours ce que je raconte", reconnaît-il. Et le spectateur ne sait pas toujours s’il a assisté à un film ou un happening. Insatiable explorateur d’un langage cinématographique élargi, ancrant sa production dans une étude toujours plus approfondie de la vie de ses proches, Kötting est aussi adepte des collaborations. Que ce soit avec des membres de sa famille, des graphistes, des musiciens (tel l’ex-Pogues Jem Finer), des cinéastes ou des écrivains (comme Iain Sinclair), il pioche dans une réserve de partenaires fidèles et talentueux dont la bonne volonté lui permet d’être sans cesse productif avec des budgets qui feraient ricaner d’autres artistes. » (Inspiré d’écrits de Gareth Evans, Iain Sinclair et Sukhdev Sandhu dans "Sight & Sound" et "The Guardian").

© 2017 *Ecrans britanniques*

Les Ecrans britanniques reçoivent

Andrew Kötting

Samedi 18 novembre -17 h 30, à Carré d’Art–Place de la Maison Carrée, pour la projection de son film:

By Our Selves

Dans le cadre du Mois du Film Documentaire