Sélection d’extraits d’articles retraçant les Festivals Ecrans Britanniques.

Neuvieme Edition



INFORMATIONS :
Nous vous informons de la parution des titres suivants disponibles en librairie :

Ken Loach, un rebelle de Francis Rousselet
collection 7ART éd.Cerf-Corlet 2002


Terence Davies, cinéaste de l'intime
du même auteur éd.Aléas 2005


Huitième festival

Entretien avec Jack Cardiff (extraits)
Avec le comédien Pete Postlethwaite, c’est l’invité d’honneur de la huitième édition du festival « Ecrans britanniques » : Jack Cardiff,90 ans,chef opérateur…Mais l’un des plus grands chefs op’ de l’histoire du cinéma : de John Huston à Michaël Powell ou Alfred Hitchock en passant par John Ford, qu’il remplaça sur le tournage de « Young Cassidy », il n’a travaillé qu’avec des monstres. Ce qui lui valut un Oscar…

Comment collaboriez-vous avec les metteurs en scène ?
Mon avantage était de détenir le titre de technicien de la maison Technicolor. J’étais en contact avec les chimistes des laboratoires. Cette technique nouvelle effrayait les réalisateurs de l’époque. Ils se fiaient donc à moi. J’ai toujours relié la photo à ma passion pour la peinture : Le Caravage, Rembrandt, Turner…Ces peintres m’ont enseigné les leçons de simplicité de l’éclairage : un projecteur dominant, un réfléchissant et c’est tout. J’ai lutté contre la tentation d’exagérer les éclairages annexes. …..

Le cinéma muet, le cinéma parlant, le noir et blanc, la couleur : vous avez tout connu en soixante ans de carrière…
J’ai travaillé à 14 ans comme technicien sur le dernier film muet, Le marchandage, sur un plateau des studios de la British International. Sur le plateau voisin, Hitchcock tournait son premier film parlant. Je suis rentré dans son équipe en tenant le clap.

Quels réalisateurs avez-vous particulièrement admiré ?
J’ai une affection sans borne pour Michaël Powell. Il utilisait, à l’époque, tellement d’innovations. J’ai eu aussi du plaisir à collaborer avec Hitchcock, même si c’était parfois difficile : il avait des exigences de mouvements. John Huston était très intelligent, sur African Queen particulièrement. J’ai également été cameraman pour René Clair sur Fantômes à vendre.

Et des acteurs que vous avez pris plaisir à éclairer ?
Il n’y en a pas vraiment. Ce qui me préoccupait était de rendre la beauté des actrices : j’observais les mouvements faciaux, leurs sourires, pour éviter les ombres déformant le visage. J’appliquais également la théorie du cadran solaire : sur un visage jeune, éclairage à la verticale, sur un visage plus âgé, éclairage de face.

Midi Libre (février 2005)

Huitième festival

Entretien avec Pete Postlethwaite (extraits)
Pete Postlethwaite, c’est d’abord un visage, ou plutôt une gueule, qu'on n’oublie pas : celle de Giuseppe Conlon dans Au nom du père de Jim Sheridan qui lui valut une nomination aux Oscars, celle de l’émouvant chef de fanfare des Virtuoses. Invité d’honneur, comme l’ancien chef opérateur Jack Cardiff,du festival Ecrans britanniques, l’acteur anglais, affable et modeste, revient sur une carrière qui force le respect.

Comment êtes-vous devenu acteur ?
A la fin des années 60 (NDLR : il aura 60 ans le 7 février), ce n’était pas courant pour quelqu’un comme moi issu de la classe ouvrière de devenir acteur, comme le furent Albert Finney ou Richard Harris. Mais j’avais la passion du théâtre, que j’ai d’abord enseigné, de même que l’éducation physique. J’ai arrêté pour entrer dans une compagnie théâtrale, à Liverpool. J’avais 32 ans quand on m’a proposé un rôle au cinéma.

Votre filmographie oscille entre films sociétaux et grosses productions. C’est un bon équilibre pour un acteur ?
C’est vrai que j’ai fait des choses très différentes d’un film à l’autre. J’adore ça. Je n’essaie jamais de me répéter d’un film à l’autre. Je m’engage avec passion dans chaque rôle. J’ai la chance d’avoir joué avec des metteurs en scène confirmés comme Spielberg (NDLR : dans Jurassic park-Le monde perdu) ou plus jeunes comme Bryan Singer dans Usual Suspects, Baz Lurhmann dans Romeo et Juliette, David Fincher dans Alien3…

On vous aurait bien vu dans un film de Ken Loach
J’ai d’ailleurs failli, mais ça n’a pas pu se faire. J’aimerais bien tourner avec lui. C’est le cinéaste le plus sincère et le plus honnête.

Votre regard sur le cinéma britannique ?
Il y a beaucoup de bons réalisateurs et de bons films. Mais le problème, c’est que certains sont très mal diffusés. En Angleterre, le cinéma n’est pas du tout perçu de la même façon qu’en France, où l’Etat soutient la culture. Là-bas, le cinéma est plus considéré comme un « business » comme un autre.

La mise en scène vous attire ?
Oui, j’en fais au théâtre, mais pas encore au cinéma.

Midi Libre (février 2005)

Septième festival

A écouter Peter Kosminsky, les débuts de sa carrière professionnelle ont été « un désastre. J’ai été renvoyé en de nombreuses occasions, jugé comme très incompétent. ». Aujourd’hui, son œuvre aussi bien documentaire que cinématographique ferait plutôt référence.
….Sa carrière, il la commence donc au sein de la prestigieuse chaîne de télévision britannique, la BBC. A sa sortie de l’université, il y est engagé comme stagiaire. « Une position privilégiée », qu’il occupera deux années, à la suite desquelles il devait être titularisé.
C’était compter sans le conservatisme de la chaîne, plutôt bien classé à droite à cette époque, qui a viré son trublion deux ans et trois mois après son arrivée dans les studios.
.... « En Angleterre, pour faire carrière, il ne faut pas être subversif et suivre la ligne directrice » constate Peter Kosminsky, qui déplore que la plupart baissent la tête.
….Pendant dix ans (années 80), après avoir été renvoyé de la BBC et d’ailleurs, il fait des documentaires « sur des gens ordinaires, mis dans des situations particulières. ». C’est ainsi que Peter Kosminsky abordera des thèmes comme la violence à l’école, les erreurs médicales ou les brutalités sexuelles infligées aux enfants - son film, No child of mine (Voleurs d’enfance) lui a valu de nombreux prix.
Quand il est passé à la fiction, il a continué dans cette même direction, « où les spectateurs pouvaient s’identifier aux personnages. » La détresse des jeunes soldats anglais en Bosnie dans Warriors (1999), l’enthousiasme suivi de la désillusion de jeunes s’engageant en politique dans Project (2002), les rapports mère-fille lorsque la première est derrière les barreaux et la seconde en famille d’accueil dans Laurier Blanc (2003), autant de films engagés socialement et politiquement - les deux premiers, diffusés sur Arte, ont connu un franc succès -, qui ont quasiment valeur de documentaires.

Midi libre (Février 2004)


Sixième festival

Ken Loach sera présent à Nîmes pour le festival Ecrans britanniques
……Mais si la majorité de ces téléfilms forment pour les cinéphiles français la partie immergée de son travail, certains d’entre eux pourront enfin être découverts de ce côté-ci de la Manche du 28 janvier au 4 février à Nîmes où la sixième édition du festival précité rendra un hommage appuyé à KEN LOACH, en sa présence, annoncée pour les deux derniers jours, un débat avec les spectateurs étant d’ores et déjà prévu.
Midi libre (Janvier 2003)

Quatrième festival

Festival : stars british au Cinemajestic
La quatrième édition du festival Ecrans britanniques accueille deux invités de marque, le comédien Gary Lewis et la réalisatrice Clare Kilner.
Cary Lewis pour présenter Orphans. Ce psychodrame, tragique et loufoque, signé par le comédien Peter Mullan, a raflé le Grand prix de la critique au festival de Venise en1998.
Clare Kilner pour présenter son premier long métrage, Janice Beard 45 wpm.
La Gazette de Nîmes (Janvier 2001)

Quatrième festival

Douze jours pour se mitonner un petit séjour linguistique dans le pays de Shakespeare,
Du monstre du Loch Ness et du cinéma d’Outre-Manche. Coooool.
En répétant à qui voulait l’entendre que le cinéma anglais n’existait pas, François Truffaut démontrait qu’il ne se contentait pas de tourner des bêtises mais qu’il tenait également à en proférer un certain nombre.
L’équipe d’Ecrans britanniques entend bien, année après année prouver le contraire. Pour y
Parvenir, cette quatrième édition ne manque pas d’atouts et tente même un joli coup de poker en s’efforçant de les multiplier par deux, c’est-à-dire de présenter la production de ces deux dernières années sous deux angles bien différents.
Le premier consiste en un florilège d’adaptations de l’œuvre de Shakespeare. Destiné à mettre en lumière le talent des cinéastes écossais, le deuxième volet propose des titres remarquables.
A commencer par l’exceptionnelle trilogie de Bill Douglas qualifiée par la critique de « miracle cinématographique »
La Semaine de Nîmes (Janvier 2001)

Troisième festival

L’Inde colonise le Cinémajestic
Dix des douze films en version originale du troisième festival Ecrans britanniques évoquent une quarantaine d’années des relations anglo-indiennes pendant et après la colonisation de l’Inde par les Anglais en 1848.
Quatre films de cinéastes anglo-indiens ou anglo-pakistanais offrent un témoignage sur l’intégration ou la non intégration des Indiens vivant en Angleterre.
Pour Francis Rousselet, président du festival, « les cinéastes indiens ont trouvé plus vite leur place dans le cinéma anglais que les cinéastes algériens dans le cinéma français. Ils sont arrivés à cet humour qui suppose une bonne maîtrise des situations. » Comprendre : la France et l’Algérie n’ont peut-être pas encore digéré leur histoire commune…
La Gazette de Nîmes (Février 2000)


Deuxième festival

A peine deux années d’existence et un credo assuré pour Ecrans britanniques : promouvoir le cinéma « british »au travers d’une quinzaine particulièrement riche.
Films inédits ou encore d’actualité, mais hommage également, et plus précisément cette année au grand Joseph Losey, lequel sera raconté par Michel Ciment, le 2 avril.
« Nous proposons quatre films du cinéaste anglais, certes né aux Etats-Unis, qui a apporté au cinéma britannique des années cinquante et soixante, un talent et un style toujours nerveux, personnel, mais avec un regard qui n’a rien de celui d’un étranger, d’exotique », précise Francis Rousselet, président de l’association organisatrice.
Midi Libre (Mars1999)